Familles, numéraires et directrices

From Opus Dei info

Marypt (Portugal, mars 2005)


Voici quelques exemples vécus, illustrant la pression que subit une jeune numéraire.

– Après l’école, elle se rend au centre et appelle ses parents pour les prévenir qu’elle y restera dîner. De retour à la maison, son père est furieux et vient la chercher en voiture : « ce ne sont pas des heures pour utiliser les transports publics ». La fille promet que cela n’arrivera plus.

– Le jour suivant, elle reste chez elle, pour répondre à la demande de la directrice de téléphoner à toutes ses amies pour les inviter à la méditation du prochain samedi. Elle monopolise alors le téléphone et cache à sa famille qu’elle essaie de recruter ses amies pour le compte de l’Œuvre.

– Quand elle libère enfin le téléphone, la directrice l’appelle pour lui dire que le lendemain, c’est l’anniversaire d’un événement important dans l’histoire de l’Œuvre, qu’elle doit absolument venir à la méditation du matin.

– Pour obéir à cet ordre, la numéraire doit se lever deux heures plus tôt et sortir de sa maison en cachette, aller au centre, assister à la méditation et à la messe, puis courir à l’école.

– Au même moment, ses parents se demandent à quelle heure elle est sortie, ils s’inquiètent de son manque de sommeil et de tous ces excès qu’ils observent.

Et cela continue un mois, deux mois, douze mois, jusqu’à ce que finalement, la fille emménage dans un centre.

Maintenant, notre numéraire est « de l’autre côté. Lorsque sa mère l’invite à venir déjeuner en famille le dimanche, elle obtient toujours la même réponse : « Il faut que je voie » qui veut dire en fait : il faut que je consulte la directrice. Comprendre : il faut que je demande l’autorisation.

Finalement, la numéraire prévient le samedi soir que malheureusement, elle ne pourra pas venir. Les parents ne se découragent pas et appellent le dimanche matin la directrice, qui accepte de « discuter ». S’ensuit un dialogue serré à l’issue duquel la directrice autorise la jeune fille à déjeuner chez elle. Au cours de ce déjeuner, la numéraire profite de l’occasion pour demander à ses parents de l’argent pour le cours annuel – qui coûte le prix de trois semaines d’hôtel. Les parents refusent, rappelant qu’elle a quitté la maison contre leur volonté. Elle pleure. Les plus jeunes enfants sont désolés que leur sœur « fasse de la peine à maman » et « ne veuille plus habiter à la maison ».

La scène se répète toutes les semaines, tous les mois, jusqu’à l’indépendance financière de la numéraire.

À la fin de ses études, les directrices décident d’envoyer la numéraire dans une autre ville. La numéraire avertit ses parents, qui lui demandent de quoi elle vivra là-bas. Elle donnera des cours dans un collège. Les parents sont perplexes, leur fille leur ayant toujours dit qu’elle ne voulait pas enseigner, mais elle affirme avoir changé d’idée. En réalité, les directrices lui ont demandé de le faire pour multiplier des contacts avec des jeunes qu’elle pourra inviter au centre. Mais elle ne laissera jamais croire que la décision ne relève pas de sa propre volonté.

Maintenant qu’elle vit loin de sa famille, il devient vraiment difficile de la faire venir à la maison. Elle est toujours extrêmement occupée et passe ses vacances dans une maison de retraite de l’Œuvre.

Heureusement, quand elle voyage d’un endroit à l’autre, elle a l’occasion de rendre visite à ses parents pendant quelques heures. Avec un peu de chance, ils la verront une fois par an. Entre-temps, elle leur écrira de temps en temps, ne parlera au téléphone que si ses parents appellent, « parce que l’Œuvre est une famille nombreuse et pauvre » et qu’on n’utilise pas le téléphone… les coûts de communication ayant baissé, il se peut que cette règle soit un peu moins rigide, mais elle continue d’être en vigueur.

Les parents finissent par s’habituer. Presque chaque fois qu’ils téléphonent, on leur répond que leur fille « est en réunion ». Deux heures plus tard, on leur dit « qu’elle est en train de dîner et qu’on ne peut l’interrompre ». Alors le père s’énerve, exige de parler à la directrice et lui rappelle son droit de parler à sa fille quand il en a envie ! Voyant « l’opposition des parents envers l’Œuvre », la directrice cède un peu et autorise la numéraire à prendre l’appel pendant la réunion, tolérant même qu’elle arrive un peu en retard à l’examen de conscience du soir.

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